Sagesse d’enfant ?

Quand la punition devrait aller de pair avec la consolation…

Nestor, 5 ans, a fait une grosse bêtise. Ses parents savent que c’est lui, les indices sont indiscutables. Mais il commence par accuser sa soeur…
Sa Maman essaie de lui faire entendre raison. Mais non, il persiste et signe: c’est sa soeur, un point c’est tout.

Sa Maman lui demande: mais pourquoi tu ne me dis pas la vérité alors que je sais très bien que ce n’est pas ta soeur ?

Nestor: J’ai trop peur que tu sois fâchée !

Maman: est-ce grave que je sois fâchée ? D’après toi, comment devraient faire les parents alors, pour montrer aux enfants qu’on ne peut pas faire n’importe quoi ?

Nestor: Ils devraient les consoler: parce que, quand on fait une bêtise, on est déjà très triste … On sait que ce n’est pas bien.

Maman ( assez estomaquée par cette remarque): je suis contente que tu saches que ce n’était pas bien, je vois que tu es triste et je veux vraiment te consoler. Mais je pense aussi que c’est important que tu comprennes que tu ne peux pas  mentir pour autant, et encore moins accuser ta soeur. Tu seras privé de dessert aujourd’hui, pour la fausse accusation et le mensonge, mais je suis d’accord de te consoler de ta bêtise. Et je t’aime très fort, même si parfois je suis fâchée.
Mère et fils s’embrassent longuement.

On pourrait penser que l’attitude de la maman est contradictoire: punir d’un côté, en consolant de l’autre. Ce n’est pas incompatible, car il s’agit de deux registres différents: la punition concerne les actes (bêtise, mensonge, accusation) alors que la consolation concerne la personne (l’enfant), rétablit la relation.
On est sur un fil, l’équilibre est subtil, difficile, jamais parfait. « Là où sont Amour et Vérité, Justice et Paix se rencontrent » (Ps 84)

N’est-ce pas cela l’enjeu de l’éducation ? Donner des balises claires à l’enfant à propos des actes qu’il pose, les faire respecter, au besoin avec une punition (pas besoin de grands éclats de voix, ni que ce soit terrible…) tout en lui montrant que l’amour ne dépend pas de ce qu’il fait mais de ce qu’il est. Même sanctionné pour ses actes, il reste aimé.

Car, en réalité, l’enfant ne redoute pas tant la punition que le fait de ne plus être aimé.

Il y a moyen d’élever les enfants en conciliant tendresse et fermeté … L’insulte et la disqualification, la moquerie, l’ironie et l’humiliation n’aident pas à grandir. S’il faut sévir, les parents doivent veiller à rassurer leur enfant: qu’il sache qu’il reste aimé et aimable. (cf article « l’enfant a besoin de se sentir aimé… »

Consoler l’enfant qui fait une bêtise.  Tout un programme…

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