Etre parent et rester couple (3)

Le rôle professionnel

Après avoir vu que chaque parent avait à se réfléchir comme « enfant de ses parents », puis comme « maman/mère – papa/père », il lui faut encore se poser des questions quant à sa place dans la société: c’est son 4° « rôle »: le rôle professionnel, entendu dans son sens large: tous nos engagements, rémunérés ou non, en font partie.

Avons-nous une action à mener pour construire et faire vivre la société ? Ce rôle a-t-il un impact sur notre vie de famille ?

Tout le monde semble trouver normal, évident, responsable, que les parents d’aujourd’hui travaillent, parfois beaucoup ;
Avec, par souci d’égalité, des horaires bien remplis pour tous: les récentes orientations politiques de lutte contre les discriminations s’efforcent de limiter les temps partiels, car ceux-ci sont principalement occupés par les femmes, qui, du coup, gagnent moins bien leur vie…

Pourtant des questions méritent d’être posées: a-t-on vraiment trouvé le bon équilibre entre travail professionnel et vie de famille ?

Certains arrivent à tout concilier sans stress apparent. Tant mieux.
Mais pour beaucoup, l’épanouissement prévu n’est pas forcément au rendez-vous.
Le temps manque, la fatigue guette, l’énervement s’installe…

Ex: Jules et Julie sont parents de 2 adorables bambins. Le petit a une grosse fièvre et se sent mal. Aaaargh ! Quel stress de l’entendre pleurer tout le temps… Impossible de la mettre chez la gardienne. Mais quel stress aussi car il y a justement un rapport hyper-urgent à remettre au boss. Et le papa qui est justement de l’autre côté du monde pour une mission professionnelle. Coups de fils tous azimuts…, trouver une garde-malade, tant pis, on fait venir quelqu’un qu’on ne connait pas mais pas moyen de faire autrement… Ouf, ça se passe bien.
Mais zut, le petit à peine rétabli, voilà l’ainé qui s’y met. Cette fois-ci, c’est au papa de prendre les choses en main. Quoi ? Il rouspète ? Il ose prétendre qu’il a trop de boulot ? Et voilà le stress de la bagarre qui se rajoute aux coups de fils…

Les grains de sable qui enrayent la machine sont nombreux: que faire quand les horaires professionnels ne correspondent pas aux horaires de la garderie ?
Quand l’enfant est malade ?
Quand la gardienne prend congé ?
Quand tout le monde est épuisé parce que le petit a pleuré toute la nuit ?
Quand les vacances scolaires sont là mais que les parents ne peuvent prendre congé ?
Quand l’enfant se plaint de ne trouver personne à la maison à son retour ? …

On compte sur les grands-mères, (ont-elles le droit de dire non ?)  tout en leur reprochant, parfois, de se mêler de la vie du jeune couple; Jeunes parents qui les « acceptent » dans leurs meubles, comme gardiennes régulières ou de remplacement, tout en leur demandant de s’abstenir de toute interférence, de tout commentaire…

Et puis, que faire de cette impression de ne pas avoir assez de temps ? Ce temps qui passe vite, trop vite, et un jour on se dit qu’on n’a pas fait tout ce qu’on voulait, les enfants sont devenus grands et on les connait si peu…

Description trop caricaturale ? Sans doute oui pour beaucoup. Mais ô combien réaliste pour d’autres, en tout cas pour ceux qui nous consultent… La complicité du couple est engloutie dans la gestion du quotidien.

Travail rémunéré obligatoire pour tous ?

La conception du travail qui règne aujourd’hui voudrait en faire le lieu prioritaire de réalisation et d’épanouissement. N’est considéré comme travail que celui qui est rémunéré: si je suis la gardienne des enfants de la voisine, je travaille. Si je garde mes propres enfants, je ne travaille pas… Curieux, non ?

Une femme « moderne » peut-elle choisir de consacrer plus de temps à ses enfants qu’à sa carrière ? N’est-ce pas immédiatement perçu comme ringard et peu intéressant ? Ne sommes-nous pas passés de « la mère au foyer obligatoire » à « la femme au travail obligatoire » ?

Les hommes et les femmes ont-ils un rapport semblable au travail ? L’idéologie du genre voudrait nous faire croire que cette question est incongrue, stéréotypée, voire malsaine… Certes, il y a d’excellents pères au foyer ou à temps partiel… Est-ce pour autant un modèle auquel aspirent tous les couples ?

Qu’en pense « le terrain » ? La question est posée, à vous d’y répondre…

Quoi qu’il en soit, qu’on le veuille ou non, que ce soit simple ou non, on doit bien constater qu’il n’y a que 24 heures dans une journée, et que beaucoup de jeunes parents ont du mal à tout concilier…

Tout éducateur admet qu’ il est crucial de consacrer régulièrement du temps à chaque enfant, individuellement, gratuitement (pas uniquement pour contrôler le travail scolaire…) en lui montrant combien il est précieux pour chaque parent ! La relation parentale est une relation qui se construit jour après jour, …

Pas besoin de choses compliquées. Lire un livre avant d’aller dormir, faire une promenade, une partie de foot, du shopping « pour s’amuser », faire un « petit resto » en tête à tête.

ex: Un enfant de 5 ans est de plus en plus insupportable en classe. Personne ne comprend pourquoi, l’ambiance familiale est agréable. Certes, le père s’absente régulièrement pour son travail, mais, quand il revient, il se réinstalle sans difficulté dans la vie familiale, comme s’il ne l’avait pas quittée. Le thérapeute propose une nouvelle manière de faire, très simple: le jour du retour du père, l’horaire du souper est décallé, le bain supprimé et l’heure du coucher retardée (tant pis pour les précieuses heures de sommeil…) afin que l’enfant puisse avoir un bon temps de retrouvailles, seul avec son père. Ils jouent aux blocs et aux petites voitures … Même un quart d’heure suffit: la relation père/fils est reconnectée ! Il ne faut que quelques semaines pour que l’institutrice ne le reconnaisse plus tant il est redevenu sage…

Et si on se posait quelques questions: quels sont nos besoins ?

Quels sont nos besoins, personnels, de couple et de famille ?
Comment faire un choix qui corresponde réellement à notre projet commun, indépendamment de ce qu’en pense l’entourage ou la société ?

  • Quel est le sens du travail, pour moi ? pour toi ? pour nous ?
  • Quel est le but de ce travail ? S’épanouir ? Gagner de l’argent ? Trouver une reconnaissance sociale ? Ou ?
  • De quel temps « libre » avons-nous besoin pour tisser des relations de tendresse et de complicité ?
  • Avons-nous encore du temps pour notre couple, notre famille, pour nous amuser, nous détendre ensemble ?
  • Avons nous la possibilité de vivre avec des revenus moindres ?
  • Qu’est-ce que je fais de mon argent ? Ai-je vraiment besoin de tout ce que j’achète et consomme ?
  • Quelles sont mes (vraies) priorités ? Ma carrière professionnelle, l’argent, le confort, mes enfants, mes engagements, mon couple, mes vacances, mes hobbyes, ma famille,  mes amis, … ?
  • Quelles sont les tiennes ?
  • Est-ce que, dans mes choix professionnels, je prends en considération les besoins de mon conjoint, de mes enfants, ou est-ce que je ne me pose la question qu’en fonction de mes intérêts personnels ?

Entre la douloureuse question du chômage, cause de grande souffrance et de grandes difficultés dans les familles, et le surmenage professionnel, quelles sont les voies d’un réel épanouissement, de chacun, du couple, de la famille ?

Se pose-t-on suffisamment la question ?

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Une Réponse

  1. Je m y retrouve: impression de courir après le temps. Mais quelle solution ? On doit payer notre emprunt et j’aime mon métier. Je n ai pas envie de choisir entre mes enfants et mon boulot est ce là le problème? J aimerais vivre et savourer … les 2. En tout cas l article fait réfléchir.

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