Etre parents et rester couple (2)

Les rôles parentaux: maman et mère, papa et père

Si nous avons pris notre juste place par rapport à nos parents et les modèles qu’ils nous ont transmis, (nous gardons ce qui est bon, nous évitons ce qui n’est pas adapté à notre histoire familiale propre), nous allons pouvoir vivre notre rôle de parent paisiblement.

Mais qui sont cet homme et cette femme qui vont devenir parents ?

La nature a créé deux genres: le masculin et le féminin, sans qu’il y en ait un qui soit supérieur à l’autre. L’homme et la femme sont différents et égaux, de même dignité.

Petite question que le thérapeute doit parfois poser: acceptez-vous que votre conjoint a la même dignité que vous ?
L’acceptez-vous comme votre égal ?
Si cette question est source de tensions dans votre couple, pouvez-vous dire pourquoi ?

La maternité

Pour aider l’enfant à grandir et devenir l’adulte qu’il est appelé à être, non seulement biologiquement et humainement mais aussi spirituellement, la femme va remplir deux rôles maternels : celui de Maman, et celui de Mère.

La Maman est celle qui aime d’un amour inconditionnel

C’est elle qui materne, chouchoute, dorlote, console, cajole. C’est l’image de la tendresse et de l’amour inconditionnel. C’est important de retrouver ce sens du don joyeux dans nos vies souvent tellement surchargées qu’on n’a plus beaucoup de temps pour le simple plaisir d’être ensemble.

Ex : Le bébé a faim la nuit et se réveille parfois toutes les 3 heures… C’est la « maman » qui va aller le prendre dans les bras, le cajoler et le rassurer, le nourrir, même si elle aurait préféré rester bien au chaud dans son lit. Quand on parle de don, d’amour, il ne faut pas forcément chercher de grandes choses !
Ex: L’enfant rentre énervé de l’école. C’est la « maman » qui va l’accueillir, le réconforter, le consoler.

L’amour inconditionnel est un amour qui ne dépend pas des qualités, des points forts, des performances de l’enfant. C’est un amour qui dit : « J’aime mon enfant, tel qu’il est, même avec ses côtés embêtants. Peu importe son apparence, ses antécédents, ses limites, ses handicaps. »

Nous pouvons nous battre contre ses limites et ses défauts, mais l’enfant doit sentir que l’amour n’en dépend pas.

Ex : Peut-être avons-nous rêvé d’avoir des enfants très intelligents et nous constatons qu’un ou plusieurs d’entre eux ont de grosses difficultés à l’école…
Ou bien : Nous avions rêvé d’avoir des enfants sincères et pourtant on voit que l’un d’entre eux n’hésite pas à mentir pour se tirer de situations délicates…

L’amour inconditionnel va permettre à l’enfant de grandir en développant tout son potentiel et va permettre de prévenir des sentiments négatifs tels :

  • la culpabilité (de ne pas être à la hauteur des attentes de ses parents) ;
  • la jalousie (l’autre est mieux que moi et donc plus aimé) ;
  • l’insécurité et l’angoisse (si je ne réussis pas, ils ne m’aimeront plus) ;
  • la rancune et la tristesse (personne ne s’intéresse à moi);
  • etc.

La Mère aide l’enfant à grandir, le pousse à devenir autonome, l’aide à voir plus loin que lui-même

La Maman ne fait pas que cajoler ! Même si elle aime son enfant, elle va aussi devoir lui mettre des limites, pour qu’il ne grandisse pas n’importe comment, au gré de ses caprices…
Etre une bonne mère, ce n’est pas être une maman-poule qui répond au moindre désir de son enfant, qui le sur-protège et lui évite toute souffrance.
Ce n’est pas non plus être une mère laxiste qui, au nom de l’amour et du respect, ne donne aucunes limites.

La Mère est celle qui fait respecter les règles de vie

Ex : L’enfant s’amuse à mettre les doigts dans les prises. La Maman qui admire son esprit curieux va devoir se transformer en Mère, celle qui dit « non », que cela plaise ou non au charmant bambin. Peut-être va-t-il pleurer, hurler, tempêter… La Mère tient bon, car elle sait qu’à ce moment c’est important d’être dans ce rôle-là plutôt que dans celui de Maman.

La Mère montre les limites du désir, met fin au sentiment de toute puissance de l’enfant

La paternité

Même si l’enfant grandit dans le corps de la femme, même si par ce fait même, la femme a une relation plus immédiate avec l’enfant, il n’en reste pas moins que le bébé est l’enfant des 2 conjoints.

Parfois, on l’oublie !
La mère peut être tellement possessive qu’elle empêche le père de prendre sa place;
Le père peut être tellement peu concerné par cet enfant qu’il n’a pas porté qu’il s’en désintéresse;

C’est la femme qui, le plus souvent, permet à l’homme de devenir père. Par son attitude, elle aide l’homme à entrer dans la paternité.

Ex : La femme accepte que le père porte l’enfant, change le lange – bonne idée qu’il apprenne tôt 🙂 , le nourrisse, sans faire trop de remarques désobligeantes sur sa drôle de manière de faire…
Que de fois, en consultations, nous rencontrons des pères découragés car ayant l’impression que leur femme supervise leur travail de père… Mais ça peut parfois aussi être une bonne excuse pour ne rien faire…

Comme la femme, l’homme va aussi développer 2 rôles : celui de Papa et celui de Père.

Le Papa est celui qui cajole, qui joue, qui s’amuse. L’enfant a besoin d’un tel papa, qui s’intéresse réellement à lui, par amour.
Le risque, pour l’homme, est d’être papa uniquement quand ça l’arrange… ou quand ça lui apporte quelque chose.

Certains père ne s’occupent pas des touts petits, estimant que ça n’a aucun intérêt. Ils attendent que l’enfant soit plus grand pour avoir une relation « d’égal à égal »… mais alors il est parfois trop tard pour démarrer une relation vraiment proche !

ex: Des parents consultent pour un enfant en échec scolaire. Le Père, très pris par son travail, est peu présent et ne s’intéresse que depuis peu au bulletin. Depuis que ça ne va pas, en fait. Il explique gravement au petit l’importance de bien travailler. Et le petit répond, du tac au tac: de toute façon, tu ne t’intéresses pas à moi, mais qu’à mes points. Tu n’as jamais joué au foot avec moi alors que tu me l’avais promis… »

L’enfant a besoin de la présence aimante du Papa. Toujours.

Le Père donne la Loi, avec un grand « L »

La Loi avec un grand « L » est celle, donnée par le père, qui oblige l’enfant à sortir de la fusion d’avec la mère.
Car, depuis sa conception, l’enfant vit en symbiose avec sa maman. D’abord dans son corps, puis, du fait de sa radicale impuissance à se nourrir et se prendre en charge. La maman est celle qui, dans un premier temps, lui permet de vivre.
Le père vient faire cesser cette symbiose et montrer à l’enfant que sa mère ne lui appartient pas. Il coupe le cordon, au sens biologique mais aussi psychologique.

Sans cette loi du père, on laisse grandir des enfants qui, parfois, ne parviennent pas à prendre leur envol: ils n’osent quitter le nid, ou y sont retenus par une maman qui ne peut ou ne veut pas les voir grandir …

Le père et la mère, ensemble, donnent et font respecter les « lois familiales »: les « lois essentielles », souvent liées aux valeurs (ex: on respecte les gens, on dit bonjour, on ne ment pas, etc.) mais aussi les « petites lois » qui font que chaque famille est unique (ex: dans telle famille, on peut, ou non, manger le dessert sans avoir terminé ses légumes; on peut, ou non, mettre les doigts dans son nez, etc.).

Ces règles familiales sont un moyen qu’on se donne pour élever l’enfant, dans tous les sens du terme : le tirer vers le haut, pour qu’il devienne un adulte vraiment libre, responsable, et respectueux des autres. C’est tout le travail de canalisation, pour que son énergie, son affectivité, sa volonté soient orientées vers le Bien, vers le Bonheur, et pour les croyants, vers Dieu.

C’est essentiel que chaque parent joue chaque rôle. Si la Maman n’est que maman, et ne laisse au Père que le « sale boulot » de devoir sévir, il risque de se décourager et de se désintéresser de la vie familiale, éventuellement en fuyant dans le travail… Si le Père n’est que père, sans jamais être Papa, la Maman, par réaction, risque de devenir maman-poule. Si l’homme n’est que Papa, la Mère va devoir faire régner la loi : femme-gendarme !

Nous sommes parents à deux, et nous avons besoin l’un de l’autre, dans tous nos rôles, pour aider nos enfants à grandir.

Suite des articles : Rôles d’homme et de femme insérés dans la société.

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