Etre parents et rester couple (1)

« Avant, j’avais des principes. Maintenant ? J’ai des enfants. » (Florence Foresti)

 

Enfants, principes et « bonnes » 🙂 idées, sérénité, couple, bonheur et épanouissement … bigre !!!

 

«Ils se marièrent, ils furent heureux, et ils eurent beaucoup d’enfants.»

Cette belle phrase terminait beaucoup de contes merveilleux il y a encore quelques années, et on y croyait, ou en tout cas on voulait y croire : l’amour rendait heureux, forcément, et les enfants venaient compléter le bonheur parfait du couple parfait, lui aussi.

Aujourd’hui, cette maxime n’est plus si évidente : ce n’est pas parce qu’on s’aime qu’on se marie, ce n’est pas parce qu’on se marie qu’on est heureux, et les enfants nous posent parfois plus de problèmes qu’on imaginait.

Cette belle phrase était-elle donc un mirage, un idéal impossible ?
Ouf, nous pensons que non : elle n’est pas un rêve, un idéal inatteignable, mais peut-être certains, pour des raisons multiples et variées, n’en connaissent-ils plus le mode d’emploi. Ce sont ces personnes-là que nous rencontrons dans nos cabinets. Nous voulons tous être heureux, mais parfois, nous ne savons plus trop comment faire pour y arriver…

La vie de couple est déjà un peu compliquée : nous attendons tout de l’autre : l’amour, la passion, le respect, la tendresse, la complicité, la compréhension, l’épanouissement physique; mais aussi une certaine distance : pas trop près pour ne pas étouffer, et pas trop loin pour ne pas se sentir seul et abandonné.

Quand arrive l’enfant, il y a souvent une déstabilisation du couple, plus ou moins forte, plus ou moins grave, plus ou moins dangereuse pour la suite de l’histoire d’amour. Car les amoureux doivent faire la place à une 3° personne qui, bien que minuscule, va prendre une place énorme.

Le couple « mère-enfant » existe tant sur le plan biologique (le corps de la femme se transforme pour être entièrement disponible à la croissance du bébé) que sur le plan psychologique. La maternité peut occuper la femme presqu’à temps plein, du moins au début, et le mari peut se sentir plus ou moins oublié.

Le Père peut se sentir père très vite, ou plus lentement, c’est selon… Pourtant, la présence du père est indispensable, tant pour aider la mère à rester femme et amoureuse, que pour l’enfant qui doit découvrir qu’il n’est pas l’unique amour de sa mère, qu’il n’est pas le centre du monde, qu’il a une vie sans d’elle, qu’elle a une vie sans lui. Et pour lui-même: il ne se résume pas à son boulot et ses hobbies… (ok, c’est un peu caricaturé…)

Comment faire ?

Nous partons de l’hypothèse que chaque parent va remplir 5 rôles qu’il va découvrir progressivement. Quels sont-ils ?

Pour la femme : les rôles de :
– Maman (qui materne);
– Mère (qui met des limites);
– Epouse de  ;
– Femme professionnelle ;
– Enfant de (qui est l’enfant de ses parents, et marquée par leur éducation et le modèle familial);

Pour l’homme : les rôles de :
– Papa (qui joue);
– Père (qui représente la loi) ;
– Epoux de  ;
– Homme professionnel ;
– Enfant de ;

Nous allons examiner chaque rôle, en commençant pas le dernier cité.

Notre rôle « d’enfant de » :

Quel que soit l’état de notre relation avec nos parents, nous restons leur enfant, et il nous est impossible de ne pas être marqués par ce qu’ils sont ou ont été dans notre vie. Qu’ils soient vivants ou morts, que nous les voyions souvent ou rarement, que nous les aimions beaucoup ou peu, ils influencent notre comportement.
Par notre éducation, nous pouvons être conditionnés, et parfois enfermés dans des schémas qui ne sont pas les nôtres. Ce qui peut provoquer des difficultés dans notre vie de couple et de parents. C’est important de commencer par clarifier la relation à nos parents.

1. Nos parents nous ont transmis une certaine idée de ce qu’est l’homme, de ce qu’est la femme, de ce qu’est le couple, de ce que sont les parents ?

En ai-je conscience ?

Leurs représentations sont-elles justes ? Peut-être oui pour eux, mais pour moi ?
Sommes-nous libres par rapport à ces idées ?
Avons-nous notre propre idée sur la féminité, la masculinité ?
Nous aident-elles à vivre en couple ?
Nous aident-elles à devenir parents ?

Osons-nous faire autrement ?

C’est important de prendre conscience de nos « idées » sur ce qu’est un bon père, une bonne mère, parce que parfois, sans vraiment nous en rendre compte, nous risquons de reprocher à notre conjoint de ne pas être à la hauteur, alors qu’en réalité, il n’a simplement pas la même conception, les mêmes modèles que nous. Qui peut dire qu’il sait de façon certaine comment faire dans telle ou telle situation éducative ? On croit savoir, plutôt…

ex: un couple consulte car il se dispute énormément depuis la naissance de l’enfant pourtant fortement attendu et désiré par ses deux parents. Madame est tiraillée entre les avis contraires de sa mère et de sa belle-mère: l’une la pousse à ralentir sa carrière, voire à être mère au foyer, ne fut-ce qu’un temps, l’autre la pousse au contraire à grimper dans un boulot qu’elle apprécie beaucoup. Monsieur est plutôt de l’avis de sa mère. Madame le suspecte de ne pas avoir coupé le cordon… Ils consultent quand les discussions sur le sujet se transforment systématiquement en pugilat…
Ils vont devoir partir à la recherche de leur propre point de vue… oser l’échanger, oser négocier pour arriver à un consensus qui convienne au bien de l’enfant et de chacun de ses deux parents.

2. La juste distance:

Ex : Nos parents aiment beaucoup avoir de nos nouvelles… Oui mais à quelle fréquence va-t-on avoir des contacts ? Que de conjoints se reprochent mutuellement de trop téléphoner – ou pas assez – à leur mère 🙂

Viennent-ils chez nous quand ils veulent ou seulement quand nous les invitons ?
Mon conjoint ne se sent-il pas envahi, parfois ? Ou délaissé ?

Pour être à sa juste place, il est indispensable de se séparer intérieurement de son père et de sa mère, afin de suivre sa propre route. Mais aussi de les respecter. Ces deux directions ne sont pas opposées, elles se complètent. Sachons aussi que respecter ne veut pas forcément dire aimer : un enfant qui a été abandonné, battu, maltraité, ne pourra peut-être pas les aimer d’affection, mais il pourra les respecter en tant que donneur de sa vie.
Exemple: il existe de nombreux témoignages comme celui de Tim Guénard, enfant gravement battu et abandonné qui a réussi à faire tout un long chemin de réconciliation avec son père qui avait été son bourreau. (ses livres: « Plus fort que la haine »; « Tagueurs d’espérance »; …)

3. Les parents nous ont transmis des règles et des valeurs.

Suis-je capable de choisir les miennes, sommes-nous capables de choisir les nôtres ?
Exemple banal: Un jeune quadra consulte, car il n’a plus goût à rien. Son boulot l’ennuie, il ne l’a jamais aimé en réalité. Pourquoi avoir choisi cette voie qui lui a permis pourtant une belle trajectoire ? Pour faire plaisir aux parents qui rêvaient tant d’avoir un fils brillant dans ce domaine… Thérapie, bilan de compétence et coaching, le voilà reparti dans une nouvelle orientation, oui, c’est possible !

On pourrait dire que nos parents nous transmettent une valise, qu’ils ont eux-mêmes reçue de leurs parents, et qui contient toute une série de valeurs, de modèles familiaux, d’histoires et anecdotes, de réussites et d’échecs. Si nous idolâtrons nos parents, nous prenons la valise telle quelle, nous sentant obligés de la transmettre à nos enfants sans y apporter le moindre changement. Or il convient de l’ouvrir, et de sortir tout ce qui ne nous convient pas, (ça ne veut pas dire que c’est mauvais ! La robe qui faisait la fierté de ma mère ne me convient pas forcément !  Et de garder ce qui est positif, pour notre couple, notre famille, nos enfants.

Exemple : de plus en plus de jeunes aujourd’hui remettent en question le modèle économique pourtant largement promu par la génération de leurs parents. L’heure est à la décroissance, à la simplicité volontaire, au retour à la nature. Ils font ce choix sans forcément ruer dans les brancards, ils sont conscients de la qualité de la « valise » reçue, mais s’autorisent à en changer.

L’évolution positive et l’adaptation aux divers bouleversements du monde actuel est liée à notre capacité de garder le bon de la valise (sans tout balancer) tout en la renouvelant.

Pour conclure ce 1° rôle, on peut donc se dire que, pour construire notre couple, pour être les parents que nous voulons être, il est important d’être lucide quant à la relation que nous entretenons avec nos propres parents, à la liberté que nous nous octroyons quant à leurs modèles et leurs valeurs essentielles. La situation se complique du fait que nous apportons chacun notre valise personnelle ! A analyser par chacun, pour ensuite préparer « notre » valise couple et familiale… Vaste programme…

L’article suivant parlera des rôles de maman/mère ; papa/père

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